Sais tu que tous les gestes de ta vie sont soumis à une attente
Sans que tu puisses y prêter attention, elle est bien évidente ;
Tiens tu y penses tout à coup, tu viens de toucher du doigt,
Tout ce que tu fais chaque jour, serais-ce vraiment toi ?

Le matin tu te lèves et patientes pour prendre ton petit déjeuner,
Pied de grue tu fais devant la salle de bain et espère bientôt te débarbouiller ;
En route pour le bureau, pris dans les embouteillages tu songes à ton travail,
Tu maudits le temps passé dans cette voiture comme un épouvantail.

La fin de mois arrive, tu guettes le facteur pour découvrir ton bulletin de salaire,
Sachant comme d’habitude qu’augmentation tu n’auras, se sera une vraie misère ;
Fin de journée tu patienteras pour te reposer et maudire vertement ton patron,
Dans un ballet de pensées moribondes et infectes éructées à ce satané cochon.

Avalé ton diner, confortablement installé, tu te morfondras devant la télévision,
Face à cette pathétique émission, supplice final d’une journée sans exception ;
Dégoûté tu tenteras de trouver le sommeil, jamais prêt à te satisfaire celui-là
Pensées vagabondes tu auras, les heures défileront, mais encore tu poireauteras.

Alors convaincu, ou encore espéreras-tu sagement le loto ou le père noël,
Dans cette mystique vie, nous sommes tous des métronomes perpétuels ;
Mués comme des machines, nos sens sont presque dictés voire même calculés,
Que nous reste-t-il, le rêve : aboutissement platonique d’un désir inavoué.