Moi j’ai fui mon pays en Afrique, pour tenter de vivre, d’exister,
Dans une barque j’ai rejoint les Canaries, bravant les dangers,
En France, je suis exploité dans la cuisine d’un restaurant
Sans papiers j’ai une cave comme maison, vivre pour moi est humiliant.

Moi, j’ai quitté mon pays l’Algérie, pour tenter de vivre et d’exister,
J’ai rejoins mes frères et mes cousins pour un avenir plus beau et me réaliser,
Tous les jours je travaille avec une pelle et une pioche comme un forcené,
Ma vie est triste comme une nuit sans étoile, telle est ma sinistre destinée.

Moi, j’ai abandonné mon pays le Vietnam, pour tenter de vivre et d’exister,
J’ai quinze ans, je suis jeune et je ne sais pas ce que c’est de s’amuser,
Maintenant je suis là couturière dans un lugubre grenier, je n’ai jamais vu le soleil,
Ni chanter les oiseaux de cette ville où j’ai atterri, mon avenir ressemble à du fiel.

Moi, j’ai été enlevée dans mon pays l’Ukraine, j’ai cru pouvoir mieux vivre et exister,
Dans les bars sous la menace de prédateurs je vante mes charmes pour espérer,
Tout comme mon ami le portugais, qui fait de sa vie aussi un vrai calvaire,
Exilés, seuls, notre existence dans votre société n’est qu’une illusion parfois amère.

Qu’on soit noir, bronzé, bridé ou autre, nous croisons souvent les regards de la haine,
Un quotidien dans votre ville avec un peu de tolérance serait pour nous une aubaine,
Nous n’avons pas demandé  d’exister, mais nous savons aussi donner de l’amour,
Tenter de vivre de résister, écarter les souffrances, tendre aussi la main sans détour.