Douce nuit d’automne, le soleil vient de mourir là bas sur la colline
Nuages pourpres sur les coteaux, la montagne courbe l’échine
Seul face à l’invisible j’écoute les derniers soubresauts de la journée
Un chien hurle à la mort, un chat miaule d’une impatience effrénée

Alors que la nuit éteint ses derniers lampions, mes pensées se bousculent
Que me reste t-il de cette journée, le souvenir de ces pantins qui gesticulent
Se gargarisant d’une certaine instruction alors qu’ils ne sont même pas intelligents
Dame lune éclaire sournoisement ma feuille, mon crayon s’agite frénétiquement

Je retiens les déliés de mon écriture pour ne pas porter un regard moqueur
Et délirant sur ceux qui m’entourent, tantôt dragueurs tantôt fossoyeurs
Tout sonne faux, la vérité me fuis, que puis je faire, dois-je renoncer
M’évader là-bas, loin des faux semblants, sans broncher ni même partager

Une chouette hulule lugubrement lacérant le silence des ténèbres
Le volet d’une fenêtre subi la colère d’une bourrasque d’un vent funèbre
Ma main s’arrête, mes yeux se perdent dans ce ciel où scintillent mille étoiles
Penseur ou rêveur je ne dessinerais jamais les contours de cette merveilleuse toile

Le bruit d’un cyclomoteur pétaradant poussivement me ramène à la dure réalité
Demain la vieille pendule égrènera peut être des instants sublimes ou envenimés
Je range mon calepin, délaisse mon crayon et éteint la lumière de mes pensées
Douce nuit d’automne, mon esprit vagabonde dans les lointaines contrées