Tel un magicien, la complainte d’un violon m’emporte vers cette brune ballerine
Tournoyant autour de mes rêves, comme une ensorceleuse sortie d’outre tombe
Les volants virevoltant de sa robe aguichent mes pensées originelles et sibyllines
Transcendé par la romance de son corps esquissant des arabesques, je succombe

Envouté par ce ballet pernicieux, mon âme se fige dans les bras de cette enchanteresse
Mon esprit sybarite s’envole attisé par les parfums mystifiant d’un décolleté outrageant
Enivré par cette muse, je subis tel cet amant plongeant dans une déraison pécheresse
Le métronome de ma vie s’est arrêté, belle tu danses encore dans mes désirs brulants

Abandonné dans cette douce mélodie coupable, tel un jeune loup assoiffé de liberté
Mes lèvres fiévreuses caressent les rondeurs de son génie fripon, meurtris sont mes sens
La grâce et la beauté de cette divinité m’enchaînent sur le bûcher de mes désirs inavoués

Prisonnier et émerveillé sur la couche de mes fantasmes, mon entendement se meurt
La claquement sec d’un volet me jette tout à coup dans le réveil d’une horrible réalité
Un chat miaule de désespoir, un chien hurle à la mort, triste sort d’un poète rêveur.