Assis sur la terrasse du café de mes rêves, j’écoute ces guitares avec passion,
Egrenant les notes de musique d’un flamenco endiablé, secouant mon émotion,
Attiré par cette magnifique Andalousie, je suis conquis par ce tableau magique,
Le soleil, les chants, la danse, les rires, je savoure cet instant fantastique.

Près de moi, effleurant mes pensées, danse une andalouse belle et fière,
Dominé par tant de grâce, tel ce taureau jouant la mort derrière les barrières
Me laissant emporter au rythme de la musique et de la beauté de cette créature
Mon âme rejette mes raisons, mes yeux émerveillés caressent cette cambrure.

La musique m’emmène dans cet espace d’un corps à corps sulfureux et volcanique
Belle andalouse de tes yeux noirs tu m’envoutes dans cette chorégraphie magique,
Domptant mes troubles tel ce fauve rugissant, plié aux caprices de son maître,
Mon esprit est ailleurs grisé par les arabesques que sa robe laisse apparaître.

Les castagnettes crépitent telles ces châtaignes attisées par ces brindilles,
Sur le bûcher de la délivrance, pour émerveiller en automne nos papilles,
Les gitans chantent l’amour à l’unisson, survoltés par cette belle princesse,
Inaccessible muse de mes désirs, révoltant ma conscience jusqu’au bout de l’ivresse.

La musique endiablée s’est tue, la belle et brune andalouse s’est volatilisée,
Le rideau est tombé, je reste stoïque dans le jeu secret de mes idées ,
Mes yeux s’ouvrent, mon rêve s’évanoui aussitôt, sur cette folle imagination
Hébété je suis par tant de frustration, rejetant sur le champ toutes mes sensations.