Nous étions mille deux cent ce dimanche matin, le jour venait de se lever,
Saint Geneviève Sur Argence, petite citée de l’Aveyron perdait l’espace,
De quelques heures sa légendaire tranquillité, pour faire perdurer,
L’emblématique descente des estives de ces vaches Aubrac, pure race.

Le soleil léchait la colline quand on nous déposa là haut sur la montagne,
La mine réjouie, le bâton vissé dans la main nous prenions allégrement le chemin,
L’air frais fouettant nos visages, marche rythmée, non ce n’était pas le bagne,
Première côte, premières fleurs, la nature offrait sa plus belle robe de satin.

Puis là bas sorti de je ne sais où, le buron des Countrats, trônant majestueusement,
Au milieu de nulle part, nous proposait son déjeuner, vin chaud, fouace thé ou café,
De quoi abreuver et restaurer les nombreux davaladiens agglutinés fiévreusement,
Pour faire passer en musique les premiers kilomètres bien facilement avalés.

La descente vers le buron de Danton, était un émerveillement de couleurs,
Dans cette forêt ou l’automne avait revêtu son habit froid pourpre et doré,
Nos yeux ébahis n’en perdaient pas une miette au milieu de ces senteurs,
Puis la Gentiane, le vin blanc et le fromage de Laguiole nous ont réconfortés.

Le repas du midi fut un mélange authentique de tradition aligot, bœuf fermier,
Au son des troubadours médiévaux, nous faisait oublier nos orteils endoloris,
Mais Dieu que la montagne est belle, de cette journée nous n’étions pas coutumiers,
A notre arrivée, nous étions heureux d’avoir vécu en Aveyron, un brin de magie.