Merveilleuse carte postale, lorsque je foule de mes pieds ce sable fin,
Mes yeux sont éblouis par ce bleu turquoise, et se perdent au loin,
Mes narines sont attisées par cet iode marin, me bousculant dans mes rêves,
Rêves du grand large, de couper les amarres, de laisser mon passé sur la grève.

Me voilà parti, à bord de ce voilier et avoir comme unique compagnon la solitude,
Balloté par ces vagues, je suis seul libre, me projetant dans d’autres latitudes ;
Le dos tourné au confort, je m’épuise à manier la barre et changer les voiles ;
Debout, j’admire en silence ce qui se dessine devant moi, une superbe toile.

Seul dans cet immense océan, j’écoute les vagues heurter la coque de mon bateau,
De temps à autre j’aperçois quelques dauphins, mais dieu que c’est beau ;
Les heures s’écoulent, sans que je ne bouge, comme les années de ma vie,
Rejetant dans les profondeurs de ma mémoire mes souffrances jamais taries.

La houle me bouscule, comme la bêtise humaine de ce monde que j’ai quitté,
J’ai tout sacrifié, pour gouter au bonheur de ne jamais être autant égratigné ;
Solitaire, heureux, prêt à affronter si dieu le veut les quarantièmes rugissants,
Telle la stupidité de ceux que j’ai pu rencontrer tout au long de ma vie durant.

La mer se calme, l’horizon s’éclaircit sur les contours d’un magnifique lagon,
Bordé par un écrin de sable fin, précieux miroir où j’enfouis mes passions ;
Après avoir traversé les mers, comme les déserts de mon existence,
Pour jeter l’ancre du passé dans les profondeurs de l’oubli et de l’ignorance.