Quotidien surréaliste, tu nous emportes dans ta spirale chaotique,
Où les simples plaisirs apparaissent comme de fugaces rayons de soleil ;
Balayés par cette tornade rugissante de modernisme excentrique,
Sans pouvoir savourer doucement, ce monde unique et sans pareil.

Mon regard se fige sur toutes les élucubrations perçues dans mes journées,
Grande pièce de théâtre où l’audimat de mon interlocuteur n’a de sens ;
Qu’après avoir asséné ses trois actes de paroles indigestes et vitriolées,
Où le souffleur n’a de cesse de vociférer : moi je, moi je, moi je, indécent !

Le cinéma de ma vie déroule sa pellicule, sans pour autant me passionner,
Attendant l’avant première du film culte, où je pourrais m’émouvoir,
Devant cet acteur de mon existence, qui aura la faculté de savoir écouter ;
Refoulant l’orgueil et la haine, pendus tel des torchons sur un vulgaire séchoir.

L’émission va prendre fin, le générique s’affiche, l’insipide comédien disparaît,
Vieil homme que tu es, applaudissant respectueusement cette mascarade ;
Je te regarde pantois et admiratif, devant cette simple sagesse spontanée ;
Sans mot dire, déçu mais souriant, tu quittes en seigneur cette pantalonnade.

Apprenant à te connaître, j’ai décelé que tu étais avare de mots inutiles,
Semant sur ton passage quelques graines de silence, je venais de comprendre ;
Comprendre que tu préférais, le cinéma muet de la vie, moins sonore, plus utile,
Découvrant ainsi que parfois il valait mieux se taire pour mieux se faire entendre.