Sublime et fragile tu as surgi devant moi, véritable perle aux mille reflets,
Mes yeux émerveillés par autant de beauté, t’ont accompagnée discrètement
Pure, sincère et remplie d’émotion, tu as fui cette vie presque honteusement
Tu aurais pourtant aimé qu’on ne t’aperçoive pas pour rester dans ce jardin secret

Mais pourquoi poète me regardes-tu ainsi, moi qui n’aurais jamais voulu naître ?
Bousculée par tant d’émoi je suis née dans le cœur de mon maître, à jamais soumise
Ma courte vie peut parfois être belle, parfois atroce et cruelle, et là muette j’agonise
S’il te plaît détourne ton regard, que je vive quelques secondes et à jamais disparaître

Dis-moi petite larme pourquoi certains crient au déshonneur quand frêle tu jaillis ?
Certes ils auraient aimé te cacher par pudeur, pour taire leur légitime souffrance
Certes dans des moments de liesse ils n’auront pas la même attitude, une délivrance
Dis-moi petite larme pourquoi es-tu aussi pudique et réservée, est-ce une philosophie ?

Ne pose plus de question poète, dans toute destinée il y a des bons et mauvais moments
J’ai la chance de pouvoir exister, de pouvoir vivre et révéler certaines émotions
Alors que d’autres existent aussi mais resteront fades sans exprimer aucune vibration
Laisse parler ton cœur comme je le vis, tes joies, tes peines, tes espoirs, modestement

Petite larme de beauté, telle une goutte de rosée sur les pétales d’une rose tu es partie
Le vide s’est installé autour de moi, mais tes paroles sont restées ancrées dans ma mémoire
Dans ton dénuement le plus total, tu as été éblouissante de vérité tel un vieux grimoire
Désormais discret je détournerai mes yeux, pour ne plus apercevoir, cette perle anoblie.