Le cinéma de la vie déroule sa pellicule,
Spectateur assidu ou acteur de mes rêves,
Chaque jour je scrute le destin, incrédule
Spectacle désolant s’échouant sur la grève.

J’aurais aimé crier mon désarroi dans ce théâtre,
Quotidien stupide fondé sur tant d’espérances
L’hiver bouscule l’automne, le feu attise l’âtre
Frêle rossignol, la famine excite ta danse.

Bousculé dans ma torpeur, je feins réagir,
Les scènes de mon existence se succèdent,
Artisan de mon sort, vaincre ou mourir,
L’incertitude et le doute m’obsèdent.

Demain le printemps éclaboussera mon idéal,
Dans sa merveilleuse palette incolore,
Le spectre de ma destinée vieillira sur l’étal,
Soif de vivre et d’exister aux prémices de l’aurore.

Le fantasme de mes illusions grise ma pensée,
La caméra tourne dans le vide de mes aspirations,
Les fantômes de mon imagination insensée,
Refoulent le songe de ma vie avec dérision.