Au dehors les premiers frimas de l’hiver ont fait place à l’automne,
Un épais tapis de feuilles mortes amoncelées sous un ciel monotone ;
Entassées sous une tonnelle, les bûches de bois sec, attendent leur destin,
Ultime étape de leurs vies pour que s’égrène le temps au savoureux dessein. 

Maître des lieux tu m’as pris dans tes bras avec délicatesse,
Choyée et adulée quelques instants telle une princesse,
Tes yeux malicieux ont laissé éclater le désir de me voir souffrir
Emportée par les flammes de l’envie, sans mot dire je vais gémir.

Dans mes derniers soubresauts, je succombe en crépitant ma douleur,
Douleur de crier en silence ma souffrance, pour te donner cette chaleur ;
Que tu es venu chercher à coups de haches dans les entrailles de mon existence,
Là-bas au milieu de la forêt, alors que je grandissais en toute insouciance.

Tombeau ouvert dans l’âtre de cette cheminée, je prie de n’être point châtiée,
Tu m’as jeté dans le bûcher, pour qu’expirent ainsi mes dernières volontés ;
Volonté que mes cendres ainsi consumées, soient précieusement recueillies,
Pour être dispersées au gré du vent, dans les méandres de l’oubli.

Croupissant sous les yeux de mon bourreau, mon âme incandescente s’est envolée,
En quelques secondes tout est parti en fumée, ma superbe et ma beauté ;
Comme ma robe illuminée et rougeoyante, dans ma splendeur éphémère,
D’une dernière valse que j’avais dansée pour toi, comme une simple chimère.