Assis dans la pénombre de cette pièce, je regarde la pluie frapper les carreaux,
Le bruit sourd de mes peurs se fait entendre jusqu’aux premiers coteaux,
Cherchant dans la nuit les gestes de l’invisible dans un monde tourmenté,
Tel un funambule sur la corde de mes envies et désirs, à la surface remontées.

Enfermé dans mes pensées, j’écoute les rafales rugissant contre les volets,
Les bourrasques de ma vie rejaillissent dans ma tête comme de simples jouets,
Faisant fi de l’obscurité je cherche éperdument l’ennemi de mes craintes,
Celui qui chaque jour durant, hante mon existence dans une belle complainte.

Le tonnerre de mes passions, gronde dans ma mémoire bousculant mon quotidien,
Sur l’autel de mes aspirations, tel ce gamin capricieux avide de tout et de rien,
Mon égo est touché, je subi à l’inclination de mes appétences sans cesse motivées,
L’averse de mes appréhensions sur les biens de ce monde, déferle sur mes idées.

Prisonnier dans les cachots de la raison, j’entrevois les éclairs de la vérité,
L’ombre de ma silhouette se diffuse sur les murs sales de la cupidité et de la vanité,
Tel ce miroir reflétant mon visage dont les contours tristes dessinent mes erreurs,
Brisant les chaînes du raisonnement insensé, je cotoye les rives de mes frayeurs.

Caressant la réalité de mes recherches, j’entends l’orage du silence m’apprivoiser,
Et jeter en pâture aux fauves du désert, mes belles paroles souvent glorifiées,
Le grondement de ma tempête intérieure s’apaise, rejetant l’orgueil s’il en est,
Dans les oubliettes de l’humanité, pour professer en moi une simple vertu, l’humilité.