Les derniers soubresauts de l’hiver échouent sur la grève de nos jours,
Les cheminées vomissant leurs épaisses fumées, s’éteignent tour à tour ;
Les oiseaux exilés pour un temps, apparaissent tournoyants dans le ciel,
Dessinant sous nos yeux de belles et frêles arabesques uniques et sans pareils.

La nature se réveille, mes sens sont attisés par cette odeur de renouveau,
Tel ce parfum musqué de cette belle et brune andalouse éperdue de flamenco ;
Se déhanchant sous mes yeux émerveillés, mon âme se grise de beauté,
La nature reprend son souffle au son de la guitare du soleil et de la pureté.

Le panthéon des milles fleurs surgit de nulle part, extraordinaire éden,
Les premières pensées fleurissent comme mes rêves les plus fous dans un écrin ;
Rouges, jaunes, bleues, irisent mon esprit, je m’envole autant que ces senteurs,
Authentique quintessence de mes raisons, rejetant aux geôles toutes mes peurs.

Fragile primevère de mon existence, tu ouvres la voie de l’arc en ciel multicolore,
De ma vie côtoyant les jonquilles et les tulipes de mes souffrances indolores ;
Découvrant mes joies enfouies dans le cœur de ces magnifiques jacinthes,
Le printemps est là, effaçant subrepticement l’hiver et ses rancœurs dépeintes.

Majestueux amandier, dansant un corps à corps avec ces abeilles généreuses,
Dans un tango effréné, jusqu’au bout de cette danse aux quatre temps, délicieuse ;
Les décibels de mes espoirs raisonnent dans la cathédrale d’une nouvelle saison,
Alliant mes prières grégoriennes dans cette résurgence d’une nature à l’unisson.