Majestueusement dans ton étui, tu trônes dans la salle de bains,
Attendant malicieusement le moment de parfaire avec cette main ;
Les contours de ses lèvres aux allures d’une fresque illuminée,
Pour que succombe par tes rondeurs, cet amant au cœur enivré.

Rouge, rose, brun, tant de couleurs sur les lèvres tu épouseras,
Il n’est pas une femme qui chaque matin, pieusement t’utiliseras,
Tel le pinceau de l’artiste dessinant des arabesques endiablées,
Pour qu’opère la magie d’une muse, sur mon regard s’est posée.

Simple artifice, dénotant la pudeur ou parfois même la vulgarité,
D’une femme simple ou compliquée, quand bien même d’une rare beauté ;
Léger, criard, anodin ou affreux, apportant véritable parure,
Femme vous êtes sublime, vous resterez de pourpre et de dorure.

Certains d’entre nous, vous détesteront de laisser traces sur les chemises,
D’un adultère caché dans les profondeurs de cette amante éprise,
Eprise d’un amour éphémère où l’idéal ne reste qu’un rêve platonique,
Sur cette planète bercée par l’illusion de grandeurs pharaoniques.

Tu finiras par un baiser torride sur ces lèvres humides, attisant les désirs,
Dans une valse passionnée de sens en éveil pour atteindre tous les plaisirs ;
Plaisirs de la chair, ravivés par la couleur de ta robe d’une foudroyante passion,
Modeste bâton de rouge à lèvres, tu emporteras toujours nos émotions.