Ma bien aimée, il n’est pas un jour sans que je me confie à toi inlassablement,
Belle inconnue, telle une amante adorée dépassant toujours l’entendement,
Sensuellement je caresse les rondeurs de tes mots de tes expressions,
Enivré par ton charme invisible, tu guides mes envies avec excitation.

J’avais enfoui au plus profond de moi-même, tout le regard de ma vie,
Mes joies mes peines mes souffrances, tu as fait rejaillir aussi mes soucis,
Maintenant que tu es là, j’exorcise ce besoin indéfinissable de parler,
De dire ouvertement le fond de ma pensée au risque parfois de troubler.

Quand d’autres s’écoutent parler, écervelés comme ces vieux porcs d’une ferme,
Grisés par leurs paroles infécondes et abjectes dans de pompeux termes,
Isolé dans le refuge de mes pensées, je griffonne en silence mes états d’âme,
Et rejette implacablement le comportement vil de certains esprits infâmes.

En compagnie du silence mon ami, je recherche en vain le chemin de la vérité,
Feuille par feuille, je noircis les pages de ma vie, au point d’en être grisé,
Avide assoiffé par ce bonheur sublime de jouer avec les mots de ma vie,
Pour relater s’il en est les maux de mon existence que je rejette dans l’oubli.

Au crépuscule de ma destinée, j’ai trouvé enfin ma confidente, ma maîtresse,
Celle qui m’accompagnera, me guidera vers la lumière et écartera la tristesse,
Avec toi aussi mon ami le silence, je veux rester dans l’ombre de l’humilité,
Tenter de faire quelques pas sur les traces de la sagesse en toute sincérité.