Bonheur insensé de pouvoir décider de sa vie en toute quiétude,
Déguster inlassablement les moments choisis de son quotidien,
Oublier que notre existence présente beaucoup de similitudes,
A cette prison dorée de notre destin, authentique magicien.

Interpellé par cette folle absence de contrainte, instants magiques
Je me délecte d’avoir la faculté d’agir selon ma volonté, tel ce papillon
Epris d’espace et de liberté dans ces courses frénétiques et chaotiques,
Effleurant les fleurs de l’interdit au son monocorde de ce carillon.

Perdu dans mes pensées profondes autour de cette outrageante indépendance,
Percevant dans les confins de mon esprit le grondement de l’orage de soumission
Qui frappe à la porte de mon raisonnement, pour marquer son ingérence,
Dans cette faculté que je croyais avérée, hélas ce n’était que pure illusion.

L’aiguille du beffroi tendue vers le midi rejaillit en moi comme une contrainte,
Course effrénée pour faire je ne sais quoi assurer peut être une servitude,
Le cliquètement de la clé de ma liberté se referme sur le verrou de mes astreintes,
Enfermé dans les geôles insalubres de mon autonomie je pleure mes habitudes.

Assoiffé et affamé, criant à l’imposture d’un idéal que je m’étais approprié,
Le bruit sourd de mes chaines raisonne dans le cachot de ma liberté artificielle,
Prisonnier de ma destinée je m’endormais, éreinté par cette surprenante vérité,
Le ciel bleu des mes envies, se reflétait encore derrière la cellule aux grilles vieilles.