Souffle le vent sur les années de ma vie qui défilent
Telles les minutes égrenées par cette horloge inutile,
Accrochée sur le mur de mes souvenirs qui s’oublient
Jour après jour je me nourri d’une illusion toute futile.

Le rêve ne s’estompe pas, immobile devant cette feuille,
Laissant courir ma plume, de ce souvenir que je cueille,
Enfoui dans ma mémoire depuis de nombreux printemps
Il ressurgit agréablement l’espace de quelques instants.

Les secondes se figent, éternel impatient, je scrute l’horizon,
Un soleil éclatant illumine mon visage tourné vers ce vallon,
Moment attendu, mais l’inattendu flagrant surgit du néant,
Rejetant ma joie fugace dans les cachots vertueux de l’indécent.

L’Éole de l’oubli balaye mon visage sans atteindre mes pensées,
Figé, désemparé, je fustige le destin et ses parodies insensées
Rejetant sur mes raisons, les nuages maussades de la déception
Reclus avec mon ami le silence, je lui confesse mes émotions

L’encre de mes fantasmes coule sur ce parchemin noirci d’amertume
Mon âme s’envole dans ces contrées lointaines d’une chimère que j’exhume,
Une nuit froide tombe sur les oubliettes de mon bastion imprenable,
Demain sera sans lendemain, me laissant un goût inconsolable.