Journée interminable, où la fatigue prend le dessus, quant arrive le sommeil,
Enfermé dans mes pensées les yeux hagards, mon regard fixe ce satané réveil,
Allongé sur le lit, je compte les heures comme d’autres les horribles moutons,
Troupeau infâme qui hante mon esprit, dans cette obscure prairie de ma raison.

Dehors le vent s’époumone, balayant les affres d’une vie où tout est dépassé,
Jouant aussi avec la charnière d’une fenêtre qui sonne le trépas de ma tranquillité,
Dans le funeste cimetière de ma chambre, où seule git la croix de ma paix,
Paix intérieure rejetée, sur la pierre tombale de mes rancœurs exhumées.

Refoulant le calme, la haine surgit et bouscule en moi les barrières de l’intelligence,
Pour amadouer les frontières irréelles de la bêtise, jusqu’au fond de l’insolence,
Reclus dans cet asile immonde de mes pensées, je maudis ces heures lugubres,
Tel le hululement de cette chouette rejetant tout son fiel sur ces salissures.

Le carillon de mes désirs, résonne dans ma tête comme l’angélus de mon existence,
Terre sainte de mes espoirs au bout de la nuit, le tocsin de l’insomnie vient de sonner,
Séquestré malgré moi dans cette pièce, je ne peux défaire les baillons de mes peurs,
Ni les entraves de mes angoisses remontées à la surface de mon plus profond intérieur.

Les premières lueurs du jour, fouettent mon visage, mon corps est meurtri,
Plus rien n’a de grâce à mes yeux, pas plus le chant matinal de cet oiseau aguerri,
Attisant ma lassitude, que les brindilles de bois morts dans cette modeste cheminée,
Le feu de la vie vient de renaître, je succombe à nouveau à cette triste nuit, épuisé.