Chaque jour je tente d’avancer encore plus loin pour trouver ma propre vérité,
Mais souvent une question lancinante rejaillit sans cesse dans mes pensées
Qui suis-je, éternel problème de mon raisonnement, suis-je l’acteur de ma vie
Ou lui a-t-on donné un sens, sans que j’aie eu un seul mot à dire, tel un banni

Suis-je un bagage de savoir que l’éducation a façonné, un concentré de croyances
Suis-je un individu imprégné d’habitudes de culture ou d’un ensemble d’influences
Certainement un philanthrope aux certitudes chimériques d’un monde séduisant
Un être humain sorti de nulle part qui finira malgré ses convictions dans le néant

Quel regard dois-je porter sur les contours de ce monde visible ou l’invisible me fascine
Quand certains cupides se gargarisent de la matérialité, telle une mégère assassine
Je me nourris de l’imperceptible qui régente ma vie, impuissant devant le temps bridé
Le temps qui s’écoule apportant telle la marée le flux et le reflux de mes folles idées

A trop vouloir embrasser cette vertu qu’est la tolérance, j’ai admis beaucoup de choses
L’humain peut-il pardonner devant l’arbitraire et l’intolérable, quand tout s’oppose
Reclus dans mon cachot de patience, entravé par les chaînes de la bêtise, j’ai attendu
Dans ce monde où l’utopie se croque comme un rêve illusoire au goût d’un fruit défendu

Sur cette route interminable de la réflexion et de la circonspection, je mesure mes pas
Sans me désunir, tel un pèlerin mon regard scrute l’horizon, écartant tous les ingrats
Me débarrassant des nuisibles, des perfides et des hypocrites, je n’ai pas besoin d’eux
Alors je dégusterai chaque page de ma vie, où le partage aura un goût plus que savoureux.