Nostalgique sur mon passé, je fouille mes souvenirs trop vite oubliés
Au crépuscule de mon existence, je revois ceux de mon père que j’ai adulé ;
Loin le temps où j’étais à tes côtés, je ne connaissais rien de la vie,
Tu m’ as tout appris, j’étais heureux et sans soucis.

Nous partions ensemble sur cette charrette tirée par ton cheval,
Je gouttais à la vie, je m’émerveillais de tout, je t’avais placé sur un piédestal ;
Toujours prés de toi, je t’ai souvent regardé, j’avais de l’admiration,
Pour cet homme robuste que tu étais, pour ce papa d’exception.

Ton visage était buriné, comme la terre de notre vigne,
Discret, affable, en toute circonstances tu étais digne ;
Ensemble nous avons travaillé durement dans les champs,
Tu me prenais pour un homme, mais je n’étais qu’un enfant.

Tout rejaillit dans ma mémoire, comme si c’était hier que je t’avais quitté,
J’ai travaillé sans relâche avec toi, plus que je ne pouvais ;
Je m’aperçois maintenant que j’aurais mille choses à te dire,
Le temps passe, il ne me reste plus que cette feuille pour te l’écrire.

Difficile de jeter ici tes souffrances, tu n’as pas été épargné,
Malgré les aléas rien ne t’as arrêté, jusqu’au bout tu as eu cette fierté ;
Tu es parti sans rien dire, tu resteras pour moi un mythe un emblème,
Mais sache papa, que j’ai toujours attendu en vain, que tu me dises «  je t’aime ».