Tes cheveux bouclés couleur ébène tombent sur tes épaules fragiles
Hélas dans tes yeux amande j’ai remarqué déjà une terrible souffrance
Petite fille d’un autre monde, dans un sordide hôpital tu cherches asile
Ta vie sera marquée par l’horreur, tu n’auras plus cette insouciance

L’insouciance d’une jeunesse qui dans un champ cherchait des fleurs
Tu t’es penchée croyant caresser un papillon, en fait c’était une roquette
Horrible arme de guerre, tu traineras à jamais un corps meurtri par la douleur
Robina, petite fille d’Afghanistan, ton sourire n’éclairera plus tes pommettes

J’ai vu dévaler sur tes joues les larmes du mal, toi qui n’as pas connu la paix
Dans ton quotidien infernal, obstinée tu ne cherches plus les plaisirs de la vie
Chaque jour ton corps mutilé souffre, tu te raccroches à la guérison désormais
Connaitras-tu l’espérance, dans les affreux couloirs de cet hôpital Indira Gandhi

Univers morbide, ton vocabulaire se noie dans les sarcasmes du terrorisme
Grenade, mines, bombe, obus, ton avenir se trace dans les affres de la guerre
La terreur, la douleur, la frayeur, la peur t’ont choisie, horrible réalisme
Certainement tu regrettes d’être née, dans un monde de fous et de misère

Tu n’auras jamais la joie de revêtir une belle robe, mais uniquement des guenilles
Pour tout jouet se sera un simple bâton, mais peu importe, tu n’as plus de rêves
Tes yeux brillent quant les mains de ce médecin se posent sur toi, tu pétilles
Petite fille accroche toi à la vie que peux-tu espérer de plus, peut-être une trêve.