Seul face à l’invisible, j’écoute d’une oreille attentive le silence,
Tu es là, mon compagnon d’infortune, j’ai souvent regretté ton absence ;
Tant de fois j’ai haïe les tapages du destin, pour trouver refuge auprès de toi,
Maintenant le temps a passé, mes rides se forment, tu es devenu roi.

Les années défilent, tels les grains de ce chapelet posé sur la croix de ma vie,
Je bâillonne mon existence, pour me blottir dans tes bras, solitude mon amie,
Muré dans la prison de mes rêves, je tais mes passions et me satisfait d’inutile,
Simple vanité ou la raison est étouffée par ce besoin d’une quiétude toute futile.

Fustigeant mon confort, je trouve un abri auprès de toi mon confident,
Tel un ami, partageant mes joies, mes souffrances, tu te montres intransigeant ;
Muet que tu es, tu me donnes souvent la réponse à mes folles interrogations,
Dans tes secrets jamais avoués je cherche et découvre mes véritables illusions.

Silence je t’entends, dans ta complainte mélodieuse, tu m’apportes la sérénité,
Reclus que je suis dans ce monastère utopique de la sagesse et de la vérité ;
Méditant longuement sur les bruits de mes peurs et de mes angoisses avérées,
Plus que jamais, je me nourris de toi, tel ce mendiant esseulé et affamé.

Mes prières raisonnent dans cette cathédrale chimérique de mes pensées,
Exil glorifié tu carillonnes l’angélus de ma paix intérieure, mon âme est apaisée ;
Silence mon ami, parle moi, rassure moi, laisse moi t’avouer aussi ma fidélité,
Auprès de toi j’ai trouvé la réponse à mes tumultes, authentique asile vénéré.