Perdu dans mes pensées, le regard au loin, je fais le bilan de ma vie,
Avant-hier j’avais quinze ans et je ne me faisais aucun soucis ;
J’habitais Villerach, un charmant petit village adossé au pied du Canigou,
Nous étions jeunes la tête pleine de rêves et nous courions comme des fous.

Nous nous satisfaisions d’un rien, d’une canne à pêche, d’un simple hameçon,
Taquiner toute une après midi durant, dans cette petite rivière, le gardon ;
Jeune que j’étais, la télévision venait de sortir et faisait sa révolution,
Le soir venu, assis parterre dans la rue, nous écoutions les vieux avec passion.

Oui mais voilà, le temps passe inexorablement, avec son lot d’inventions,
Ordinateur, portable, écran plat, baladeur, sans oublier la Playstation ;
Avons-nous le plaisir d’apprécier, ou sommes nous vite blasés,
J’aurais aimé arrêter la pendule de ma vie, pour vraiment déguster.

Miroir je te regarde, tu reflètes déjà mes cheveux gris,
Le monde va trop vite, je regrette le temps où j’étais petit ;
Les vraies valeurs ont disparu, laissant la terre brûlée de méchanceté,
D’hypocrisie, de jalousie, dans cet univers où tout n’est qu’arrière pensée.

Demain garçon, que feras-tu, sur la lune tu iras en cliquant sur internet,
Croque l’instant présent avec de simples plaisirs, que tu peux trouver désuets
Quant à moi, je vais enfouir dans ma mémoire les trésors de mon existence,
Et jeter à une encablure du rivage, la haine la rancœur et l’intolérance.