Je t’ai souvent écouté, modestement je n’ai jamais rien dit,
Tu te gaussais de ton orgueil, tu t’écoutais parler,
Habilement j’ai tenté de t’apporter un peu de vérité dans cette vie ;
Rien ni faisait, la fierté sans cesse tu cultivais. 

Mué par de sombres intérêts tu avançais chaque jour,
Dans les dédales de tes plaisirs, de tes envies, de tes besoins ;
Oubliant sur ce chemin les vertus de l’humilité aux multiples contours,
Bousculant ton intégrité s’il en est, pour assouvir ton dessein.

Tu croyais détenir les certitudes, assénant tes paroles flétries,
Sans la moindre once d’humanité, imposant ton autorité ;
T’enfonçant dans les méandres de la bêtise jamais inassouvie,
Construisant autour de toi des temples de lâcheté.

Sur cette sente de la vie, je t’ai tourné le dos, déçu que j’étais,
Pour regarder briller au loin dans les confins de l’infini ;
Les vertus les plus pures de la sincérité et de l’honnêteté,
Sans rancœur jetant aux oubliettes, ta moralité cent fois banni.

Alors grand garçon que tu es, continue sur cette voie,
Entretien s’il en est ta cupidité sur les biens de ce monde,
Ne me compte plus ton ami, je resterais modestement moi,
Fier de ne plus côtoyer tes frasques infécondes.