Réchauffé par ce timide rayon de soleil sur la terrasse d’un café,
Je scrute l’invisible des passants, aux regards joyeux ou inquiets,
Frappé par ce paradoxe criard, la vérité saute à mes yeux
La foule est riche de pauvres, quotidien morbide ou délicieux.

Nul besoin de se voiler la face, la pauvreté s’est invitée,
Elle s’est invitée à la table de nos panses repues de félicité,
Dans cette soirée où les strass rejettent les guenilles
Comme les plus belles robes n’auront que faire de pacotilles.

Tourmenté par cette machine infernale de la vie ou de la survie
Où le modeste bourgeois banalise son confort et ses soucis,
Où ce mécréant nourrira mieux ses angoisses que ces enfants
Refusant les simples prières d’un avenir plus rassurant.

Mes pensées s’envolent vers cette dissonante détresse banalisée
Dans une société ou les monarques côtoient les gueux désemparés,
Faisant fi de leur bonheur repoussant avec dédain la réalité.
Réalité de notre existence, où la charité est devenue actualité.

Relève toi mon frère, n’ai point honte de ton horrible destin,
Ensemble nous partagerons tout, même ce modeste morceau de pain,
Ton cœur brille plus que toutes ces étoiles dans la nuit de mes rêves,
Tes simples vertus sont plus belles que l’opulence refoulée sur la grève.