Charmant petit village adossé au pied du Canigou, notre majestueuse montagne,
Je ne peux oublier que j’ai grandi dans tes bras, telle une véritable compagne ;
Mes souvenirs se perdent dans ce petit paradis, d’une jeunesse partie en fumée,
Telle une bûche jetée pour son dernier voyage, dans cette modeste cheminée.

Insouciants dans nos têtes, dans tes rues nous courions comme des fous,
De la place à la fontaine, du casteil à l’aire, pour faire les quatre cents coups ;
Que de forts moments gravés à jamais, nous étions une petite bande de copains
Heureux et plein d’innocence, à notre époque, nous nous satisfaisions d’un rien.

Difficile de ne pas faire un clin d’œil à ses « vieux » que parfois nous chahutions,
Tout aussi bien assis dans la rue à la « fraîche », nous les écoutions avec passion ;
Fouillant encore ma mémoire, nous attendions inexorablement le quatorze juillet
Merveilleux clichés de mon passé, l’image se fige, tout était sincérité et vérité.

Mes racines parlent, rien ne pourra effacer cette ivresse, ce bonheur,
D’avoir grandi dans tes bras, petit village au cœur d’or et aux milles senteurs ;
Joyaux que tu es, dans ce magnifique écrin de verdure d’un paysage bucolique,
Au crépuscule de ma vie, je te reconnais comme un vrai jardin féérique.

Les années ont passé, le monde s’est accéléré, nous nous sommes perdus de vue,
Certains nous ont quittés, d’autres pour finir leurs jours, ici sont revenus ;
La pendule du temps ne s’est pas arrêtée, tel un funeste métronome bruyant,
L’aiguille de ma vie, ne me fera jamais oublier, mes souvenirs d’adolescent.